jeudi 1 mai 2008

Extrait

Extrait du deuxième chapitre (Disney & la littérature), seconde moitié. Très descriptif, j'espère que c'est compréhensible.
La Petite Sirène= Andersen
Ariel= Disney
Pour mieux comprendre le style et « l’esprit » Disney, il est intéressant d’observer tour à tour les versions de Hans Christian Andersen et de Disney de La petite sirène. On parlera de deux « versions », mais il est important de rappeler que pour ce conte, comme beaucoup d’autres, il n’en existe qu’une seule : celle de son inventeur, Andersen. On ne peut pas dire que Disney donne « sa version de l’histoire », puisqu’il ne s’agit pas de son histoire, ni d’un fait réel auquel le scénariste (à supposer qu’il y en ait eu un…) aurait assisté. On peut par contre remarquer que dans l’imaginaire collectif il n’en existe généralement qu’une seule représentation, comme expliqué ci-haut, soit celle de la jeune fille aux cheveux rouges avec ses amis le crabe, le goéland et le poisson et du happy end, qui va maintenant de soi aussitôt qu’un film d’animation (ou autres, d’ailleurs) porte la marque Disney.
Hans Christian Andersen est né au Danemark et a vécu principalement pendant la première moitié du XIXe siècle. En quittant l’école après la mort de son père, à 8 ans, il suivit ses penchants pour le théâtre et l’opéra, mais sans connaître de succès. Il commença à écrire à cette même époque. Poète et romancier, ce sont cependant ses contes qui remportent un succès immense et font toujours sa renommée aujourd’hui. Sans être le seul des contes d’Andersen qui fut adapté au cinéma, La petite sirène demeure le plus connu, en grande partie grâce au film d’animation de Disney sorti en 1989, qui représente le nouvel archétype des thématiques de la forme Disney, avec des chansons populaires et une structure narrative qui seront reprises dans tous les films postérieurs, avec plus ou moins de succès.
Il était une fois, une petite sirène. Une vraie, avec des cheveux interminables et une queue de poisson, et de surcroît fascinée par le monde des hommes. C’est à peut près tout ce que l’on peut en dire sans entrer en contradiction avec le récit du conte et du film. Il est difficile de savoir où commencer dans l’analyse des différences majeures ou mineures des deux histoires. D’abord, originellement la Petite Sirène et ses sœurs sont encouragées par leur grand-mère à monter à la surface dès leurs 15 ans, tour à tour. Chez Disney, les sœurs sont quasi absentes, et c’est le père d’Ariel (prénom inventé pour le film, Andersen ne lui ayant pas attribué de prénom), très strict, qui lui interdit formellement d’avoir des contacts avec le monde humain… ordre qu’Ariel a tôt fait de ne pas tenir compte en collectionnant les objets terrestres, montant régulièrement à la surface parler aux goélands, etc. De jeune fille sage, pure et raisonnable, la Petite Sirène est devenue Ariel l’écervelée et l’indomptable, qui suivra son rêve (l’american dream?) coûte que coûte.
La plus grande divergence débute cependant après qu’elles eurent rescapé le prince. Elles vont toutes deux voir la laide sorcière et concluent un pacte avec elle. La Petite Sirène aura des jambes et une âme éternelle, mais elle souffrira atrocement à chacun de ses pas. Elle donne sa voix à la sorcière (qui lui coupe littéralement la langue), mais si le prince en épouse une autre qu’elle, elle mourra. (Cet aspect du conte est d’ailleurs propre à Andersen, lui-même voyant sa voix se casser aux premières lueurs de la puberté, qui mit fin à ses espoirs de faire carrière à l’opéra.) Ariel aura des jambes indolores. Elle donne sa voix (la sorcière l’enferme magiquement dans un collier coquillage), mais retrouvera sa queue si elle ne parvient pas à embrasser le prince après 3 jours. Encore une fois des éléments viennent modifier les caractéristiques du personnage, et par la même occasion toute l’essence du texte. La Petite Sirène éprouve un amour inconditionnel pour son prince et est totalement prête à se dévouer, à souffrir pour être avec lui bien qu’elle sache son pari fatal. Elle rencontre la sorcière sans aucune hésitation, l’intention pure. Quant à Ariel, la vie lui restera quoiqu’il arrive. Elle doit cependant user de ruse pour tenter de garder ses jambes. On a alors l’impression qu’il s’agit ici de gagner une guerre contre la sorcière plutôt que l’amour d’un homme…
Par la suite, une femme s’interpose entre elles et le prince. Pour la Petite Sirène il s’agit de la fille du roi voisin, dont le prince tombe amoureux car elle lui rappelle celle qui l’a sauvé. Pour Ariel, il s’agit de la méchante sorcière métamorphosée en humaine ravissante (on se demande pourquoi elle ne l’avait pas fait avant…) qui charme le prince avec la voix d’Ariel et lui jette un sort qui le fait tomber amoureux d’elle. Il est étrange de constater comme la magie est utilisée comme prétexte à une émotion, comme s’il était inconcevable que le prince tombe réellement amoureux d’une autre jeune fille, comme dans le conte d’Andersen. Les personnages sont étroitement polarisés, ils semblent ne suivre qu’une unique voie, un unique sentiment, qui, pour une obscure raison, serait impossible de modifier.
Et encore, ces divergences ne demeurent que des détails si l’on en vient à comparer les situations finales de chaque histoire. Celle d’Andersen est réaliste, touchante, la poésie prend réellement aux tripes, émeu aux larmes :
"Et la petite sirène, élevant ses bras vers le ciel, versa des larmes pour la première fois. Les accents de la gaieté se firent entendre de nouveau sur le navire; mais elle vit le prince et sa belle épouse regarder fixement avec mélancolie l'écume bouillonnante, comme s'ils savaient qu'elle s'était précipitée dans les flots. Invisible, elle embrassa la femme du prince, jeta un sourire à l'époux, puis monta avec les autres enfants de l'air sur un nuage rose qui s'éleva dans le ciel."
Il s’agit des derniers mots du conte. Le prince a ainsi fini par épouser la fille du roi voisin, et mis fin aux jours de la Petite Sirène, qui devint une fille de l’air qui devra faire 300 ans de bonnes actions pour enfin recevoir son âme immortelle. Quant à la fin élaborée par les scénaristes de Disney, elle n’a plus rien à voir avec le précédent extrait. L’ami goéland d’Ariel parvient à briser le collier de la sorcière, et la voix d’Ariel revient alors à sa propriétaire. Le prince se rend compte qu’il a été ensorcelé. La sorcière reprend sa forme d’antan et est neutralisée par le prince qui la harponne. Les trois jours alloués étant révolus, Ariel retrouve sa queue de poisson. Mais son père le roi en voit sa fille chagrinée et la laisse finalement rester sur terre avec son prince, après lui avoir redonné ses jambes avec ses pouvoirs. Ariel se marie alors avec son prince, puis les nouveaux mariés s’éloignent sur le bateau qui passe sous un arc-en-ciel derrière leurs amis les fruits de mer qui leur envoient la main. Un arc-en-ciel. N’y a-t-il pas d’image plus contrastante avec la fin tragique d’Andersen ? À 20 000 lieues de la sombre beauté et du mysticisme du conte, la machine Disney que Bory décrivait vient flinguer l’émotion et la morale (s’il en est une) du récit d’Andersen pour en faire un film que l’on voudrait difficilement moins original.
Extrait Video qui présente la description ci-haut:

Ce rêveeeuuuh bleeeeeeu

Tout est prêt à être imprimé, je suppose, donc, que je dois clôturer ce blog. Je suis heureuse que ce soit terminé... J'ai l'impression d'avoir autant appris ces 3 derniers mois que pendant les deux dernières années :P
Merci à tous ceux qui sont passés par ici, et bonnes vacances !!!

jeudi 24 avril 2008

Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Ça y est, c'est fini ! Ou presque... Il ne manque plus que l'introduction, la conclusion et une bonne relecture. Ça fait 26 pages... 17 sur Disney, 9 sur Ghibli, plutôt inégal, mais là je n'en peux vraiment plus. Vaut mieux ça que de finir par dire n'importe quoi pour faire du remplissage.

Tables des matières complète:

Introduction

Première partie: Disney, entreprise artistique ou industrielle ?
Premier Chapitre : Portrait
-Petite Histoire
-Walt Disney: artiste ou homme d'affaires ?
-La période post-Disney
-Caractéristiques filmiques, ou le diktat du happy end

Deuxième Chapitre: Disney & la littérature
-Adaptation: hommage ou gâchis ?
-Le cas de La petite sirène

Troisième Chapitre: Perversions
-Une tentative d'américanisation ?
-Antisémitisme & communisme
-Effets psychologiques: manipulation ?
-Et maintenant ?

Deuxième Partie: L'exception Ghibli
Quatrième Chapitre: Une entreprise différente
-Création et artistes
-Philosophie
-Disney, un ami

Cinquième Chapitre: Des films uniques
-Écologie et égalité
-Joe Hisaishi
-Public

Sixième Chapitre: Aujourd'hui et demain
-Statut
-Quel futur ?

Conclusion
Bibliographie

mardi 22 avril 2008

Musicäa

Début d'après-midi consacré à la partie portant sur la musique dans les films de Miyazaki. Mes recherches me sont très utiles, comme je n'ai absolument aucune oreille... Trois paragraphes dont je suis plutôt fière. Je me suis rendue compte que je n'avais pas vraiment parlé de musique dans la partie Disney, mais bon en parler uniquement dans la partie Ghibli est moins redondant que de ramener les mêmes éléments deux fois... Et puis, la description que l'on fait de la musique de Hisaishi parle d'elle-même: sa beauté simple est à des années-lumières des comédies musicales et des hits du moment que Disney utilise.

mercredi 16 avril 2008

J-8

"Déjà" trois pages d'écrites sur Ghibli. Ça fait du bien de lâcher Disney un peu, mais je trouve cette partie plus difficile étant donné que je connais moins Miyazaki que Disney, j'avoue, quoi de plus normal pour une nord-américaine... malheureusement.

Je ne sais toujours pas si je ferai une troisième partie qui traiterait du cinéma d'animation américain indépendant ou canadien ou européen. Même si ce serait intéressant, je pense qu'une troisième partie aurait plus ou moins sa place dans mon étude, comme jusqu'à maintenant j'ai mis l'accent sur l'idéologie Disney et l'idéologie Ghibli, qui sont contrastantes et claires.

jeudi 10 avril 2008

J-14

Comme prévu j'ai terminé la partie concernant Disney (16 pages). Aujourd'hui j'ai regardé Le château ambulant et Le voyage de Chihiro, qui me serviront pour la suite.

Voici le schéma final de la première partie:
Première partie: Disney: Entreprise artistique ou industrielle ?
Chapitre 1: Portrait
- Petite histoire
-Walt Disney: artiste ou homme d'affaire ?
-La période post-Walt Disney
-Caractéristiques filmiques, ou le diktat du happy end

Chapitre 2: Disney & la littérature
-Adaptation: hommage ou gâchis ?
-Le cas de La petite sirène

Chapitre 3: Perversions
-Une tentative d'américanisation ?
-Antisémitisme et communisme
-Effets psychologiques: manipulation ?
-Et maintenant ?

On constate qu'il y a beaucoup de points d'interrogation... Je pense que ça fait partie de la nature de l'étude, se poser des questions pour mieux comprendre et analyser.

jeudi 3 avril 2008

Hakuna Matata




Bon bon bon, ça faisait 2 semaines que je n'avais rien écrit... je m'y suis remise hier. Je sens que les trois prochaines semaines vont être intenses. En ce moment j'ai 11 pages d'écriture, je pense en faire environ 4 autres aujourd'hui. Je suis assez contente de ce que j'ai fait jusqu'aujourd'hui. J'essaie de faire des liens entre mes sujets, pour que ça donne un tout bien ficellé au final.

J'apprends beaucoup, je pense que de ce côté-là c'est déjà mission accomplie. Plus je lis et j'écris, plus je développe ma pensée, c'est plutôt motivant pour la suite.


jeudi 20 mars 2008

C'est l'printemps !

Bon eh bien, c'est frustrant de voir des cours reportés mais au moins ça donne du temps pour travailler, c'est déjà ça. Je suis très fière de ce que j'ai fait aujourd'hui, j'ai pu terminer un "chapitre" de mon étude, soit l'analyse des contes originaux par rapport aux films de Disney. J'ai fait 6 pages alors que j'en avais prévu 5 ! En écrivant, certaines conclusions sont arrivées d'elles mêmes et tout s'est enchaîné. Par contre je crains un peu de faire plus de description que d'analyse, mais parfois avec Disney les exemples parlent d'eux-mêmes. Aussi, trois pages et demi sont consacrées à La petite sirène. Est-ce trop ? Je crois pourtant avoir pu faire ressortir des idées intéressantes.

jeudi 13 mars 2008

Semaine d' "écriture"

(Illustration de La petite sirène par Kay Nielsen, qui a travaillé pour Disney dans les années 30 et 40. N'est-ce pas magnifique ? )
La semaine de lecture est déjà bien avancée, mais ma rédaction un peu moins... J'ai fait 2 pages en 3 jours. Et donc rien de pertinent à montrer sur ce blog... J'ai bien deux lignes d'introduction, 1 page et demi de "portrait" et 1 de " D. & la littérature"... J'ai l'impression d'avoir beaucoup de choses à dire mais lorsque vient le temps d'écrire je ne sais pas par où commencer et j'ai l'impression de dire que des bêtises. Ça me fait des noeuds de cerveau et ça démotive :(
Dire que depuis 3 jours je me lève à 7h, croyant naïvement que le matin est plus énergisant... pas ces temps-ci, en tout cas. Est-ce possible de faire une étude en restant objective ? Parce que j'ai un peu peur de faire une sorte d'éditorial. C'est mal ?
J'ai tout de même loué La petite sirène mardi. Je ne me souvenais pas que c'était aussi niais... Pourtant dans les bonus du DVD (ouais, c'était l'édition Platine), les concepteurs du film (sorti en 1989) croient perpétuer la vision d'Andersen alors qu'ils sont à 20 000 lieues (sous les mers :P) du conte original. Ils énumèrent ce qu'ils y ont changé, avec des arguments qui n'existent pas ("Chez Andersen c'était comme ça, nous on a plutôt trouvé que ça serait mieux comme ça. Point.").
J'ai appris aussi que même si le film était dorti en 1989, l'équipe de Disney en avait déjà fait une ébauche vers 1940. Sur le DVD on montre les illustrations de Kay Nielsen (danois comme Andersen), magnifiques, qui elles semblent totalement dans l'esprit du conte, sombres, mystiques. Je me suis demandé comment ils osaient comparer leur dessin grossier et "over"-coloré du film à celui de Nielsen... Je ne peux pas m'empêcher de m'imaginer ce qu'aurait donné un film entier animé dans le style de cet homme, je pense que la face du cinéma aurait changé...
Et comme je l'ai dit dans un message antérieur, la petite sirène finit bel et bien par se marier avec le prince, avec ses deux jambes et sa voix, et le bateau s'éloigne sous un arc-en-ciel avec le goéland, le crabe, le poisson et le roi qui les saluent au loin. Franchement. En plus, je vais avoir l'air parano, mais le serviteur du roi Sébastien le crabe a un accent africain... tout le monde sait que les crabes sont africains, voyons.
Sur ce, je m'en vais relire du Andersen.

jeudi 6 mars 2008

Je suis toujours là

Bon, désolée pour le petit moment d'absence, j'ai continué à travailler mais j'ai été aux prises avec une paresse monumentale par rapport à ce blog... Il me faut sans doute un temps de repos pour laisser à mon cerveau le temps de se remettre des deux articles précédents :P
Jeudi dernier Noémie m'a prêté ses dessins animés de Miyazaki, Le voyage de Chihiro, Le château ambulant et Princesse Mononoké (que je me suis empressée de regarder). J'ai aussi lu Cendrillon et La belle au bois dormant dans la version de Perrault, mais bon je n'en ai pas tiré grand chose de plus que ce que j'ai expliqué dans le dernier message.
Aujourd'hui c'est la remise du second cahier de projet, que voici. La seconde partie est pour l'instant incomplète, comme je me suis surtout concentrée sur Disney dans le dernier mois. Je rédigerai la première partie au cours de la semaine de relâche... et que je retranscrirai sur ce blog bien entendu. Si quelqu'un a une idée de titre, me le dire s'il vous plaît... J'ai établi une thèse pour chaque partie, afin de donner une idée directrice au texte.


Plan détaillé

Disney… et les autres (titre temporaire, heureusement)

I. Introduction
II. Disney :
- Portrait : petite histoire, but de son fondateur ($$$ ?), principaux films et apports à la « culture » américaine et mondiale. (Voir texte de Rogel)
- Disney & la littérature : Raison d’être des différences entre les œuvres originales de Grimm, Perrault, Andersen, et l’adaptation de Disney. Signification de ces différences. Rôle de Disney dans la popularisation de ces contes. (Voir article du 26 février, et texte de Rogel)
- Disney & ses messages (sens cachés, propagande) : tentative d’américanisation de la planète, morale douteuse de certains films, images de nudité cachées, les procédés de propagande, références à Disney dans la propagande actuelle ou passée (Voir article du 24 février, extrait du livre de Roffat, nouvelle du 24 août 2007 de Radioactif.com, article de journal)
- L’avenir de Disney : plus lucratif que jamais grâce à Pixar, réédition en DVD (actuellement : Les 101 Dalmatiens), s’adresse à un public de plus en plus jeune (Baby Einstein)

Thèse : Disney est un empire économique (capitaliste) et non artistique, qui véhicule des idées propres à l’idéologie républicaine américaine.

III. Disney et les autres :
- Ghibli : l’exception. Éléments de comparaison : place du scénario, place de la femme, des animaux, personnages à degré d’élaboration, d’identification, valeur artistique, politique du studio (art <>Cinéma d’animation canadien et européen : (à préciser)

Thèse : le cinéma d’animation étranger en est un d’AUTEUR, contrairement à celui de Disney. Les artistes étrangers ont une griffe, un art qui leur est propre et ne ressemble à aucun autre.

- Avenir du cinéma d’animation « étranger » face à la puissance Disney.

IV. Conclusion






mardi 26 février 2008

Premières Lectures

Comme dit précédemment, la plupart des films classiques de Disney sont des adaptions d'oeuvres littéraires de plusieurs auteurs de toutes les époques. C'est pourquoi je tiens à inclure dans mon étude une certaine analyse littéraire, afin de pouvoir mieux déceler la valeur et les messages de Disney de part les modifications (ou non) ayant été apportées aux histoires.
J'ai donc débuté par les contes des frères Jacob et Wilhelm Grimm, auteurs allemands du début du XIXe siècle, soient Cendrillon, La belle au bois dormant et Blancheneige (qui s'écrit en effet en un seul mot dans le conte). Il est est à noter que l'on retrouve aussi ces contes chez Perrault, dont je ferai la lecture sous peu.

Ma première réaction à la suite de mes lectures est la suivante: je suis surprise mais aussi légèrement choquée par les éléments un peu sanguinolants des histoires, dans un extrait de Cendrillon, par exemple: " Alors [la méchante belle soeur] alla dans la chambre et put faire entrer ses orteils dans la chaussure, mais son talon était trop grand. Alors sa mère lui tendit un couteau et lui dit: " Coupe-toi un bout de talon. Quand tu sera reine, tu n'auras pas besoin d'aller à pied." La jeune fille se coupa un morceau de talon, força son pied à entrer dans la chaussure, réprima sa douleur et sortit retrouver le prince. Alors il la prit sur son cheval comme sa fiancée et partit avec elle. [...] Il baissa les yeux vers le pied et vit que le sang coulait de la chaussure et montait tout rouge le long des bas blancs." On retrouve le même genre de détail dans Blancheneige, où la méchante reine se cuisine le foie et les poumons qu'elle croit être ceux de sa belle-fille... Je constate donc que Disney a quelque peu modifié ces éléments afin de pouvoir présenter ses films à un jeune public, et avec raison, ayant moi-même été marquée par Barbe-Bleue de Perrault étant petite fille (il y avait des images de cadavres dans mon livre de contes, j'en ai cauchemardé longtemps), je pense qu'il est justifié de gommer ces détails au profit d'actions plus "douces", tout en en conservant le sens. Surtout, je trouve le style des Grimm plus scientifique qu'artistique, ce qui s'explique bien puisqu'ils songeaient avant tout à transcrire et publier les contes populaires de la tradition orale afin qu'ils ne tombent pas dans l'oubli. Les Grimm ont donc davantage agi comme "folkloristes" que comme de véritables auteurs.

Ma seconde lecture fut celle de La petite sirène de H. S. Andersen, auteur danois du XIXe siècle également. Le style d'Andersen n'a rien à voir avec celui des Grimm, il est au contraire saisissant de beauté et de poésie, il prend aux tripes et émeut aux larmes. Un véritable coup de coeur, c'est tout ce que j'ai à dire. Je ne me souviens pas bien du dénouement que Disney lui a donné dans son dessin animé, mais en toute logique (happy end oblige), la sirène et le prince vécurent sans doute jusqu'à la fin des temps. Il en est vraiment autrement dans le conte, où, muette et souffrante, la sirène se résigne à vivre (mourir...) sans l'amour de son prince après lui avoir tout sacrifié sans qu'il n'en sache rien.
"Et la petite sirène, élevant ses bras vers le ciel, versa des larmes pour la première fois. Les accents de la gaieté se firent entendre de nouveau sur le navire; mais elle vit le prince et sa belle épouse regarder fixement avec mélancolie l'écume bouillonnante, comme s'ils savaient qu'elle s'était précipitée dans les flots. Invisible, elle embrassa la femme du prince, jeta un sourire à l'époux, puis monta avec les autres enfants de l'air sur un nuage rose qui s'éleva dans le ciel." Ainsi se termine le conte... On est loin de Sébastien et de Polochon, vous ne croyez pas ? Dommage qu'un si beau conte ne trouve écho aujourd'hui que dans une animation qui n'a plus grand chose à voir avec la sensibilité du texte de ce ptit génie d'Andersen.

Sources:
ANDERSEN, Hans Christian, Contes, Éditions Garnier-Flammarion, Paris, 1970, p.29 à 60
GRIMM, Jacob et Wilhelm, Contes, Éditions Gallimard, 1976, p.96 à 106, 138 à 157



dimanche 24 février 2008

Allez, au boulot...

(image tirée de Pourquoi j'ai (pas) mangé mon père, 2008)



Bon bon, 2 semaines sont passées et j'ai commencé mes recherches qui m'ont permis de préciser mon sujet. J'ai donc décidé de consacrer une plus grande partie à Disney, et de le comparer par la suite à l'animation asiatique, européenne, canadienne, bref, à tout ce qui n'est pas Disney.


En me baladant sur les forums d'allôciné (http://www.allocine.fr/) et sur certains autres sites, j'ai découvert des opinions et des faits plustôt intéressant concernant Disney. D'abord, concernant la "publicité" que Disney ferait aux États-Unis, une brochure représentant Disneyland le revendique: "Disneyland sera basé et dédié aux idéaux, rêves et réalités qui ont créé l'Amérique. Et il sera uniquement bâti pour mettre en relief ces rêves et réalités et les utiliser comme source de courage et d'inspiration pour le monde entier...". On peut donc sans doute en conclure que les films de Disney sont construits avec le même but, non ? Walter Disney étant un homme qui fut reconnu comme républicain, patriote, prônant l'ordre moral, la foi dans la science, l'économie de marché, il ne s'est jamais vanté de faire de l'art, bien au contraire. Il ne qualifiait pas son travail comme de l'art: "[...] il fait partie du show-business: c'est le business-divertissement". Entreprise artisitique ou industrielle ?

J'ai aussi pris connaissance d'une théorie intéressante. Comme chacun le sait, plusieurs des films de Disney sont des adaptations de contes classique des frères Grimm ou de Charles Perrault. Cependant, Perrault n'a fait que coucher sur papier des contes de tradition orale, afin de pouvoir les présenter à un public plur large. Aux yeux des chercheurs, ces contes sont issus d'une création collective, et non de l'oeuvre d'un seul homme. Chaque conte avait des centaines de versions, mais les auteurs ont en quelque sorte "figé" l'histoire en une seule version. Disney aurait donc amplifié le phénomène en ne donnant au public qu'une seule représentation de Blanche-Neige, Aurore, etc. Ainsi, Disney ne participerait-il pas à la mise en place d'une sorte d'imaginaire mondial, unique ?



J'ai aussi trouvé un site où certaines personnes se sont amusées à déceler des messages sexuels dans les Disney: http://pagesperso-orange.fr/jcmy/Dossiers/Sexe.htm


Je pense personnellement qu'il faut être sacrément obsédé pour voir des zizis partout, donc je ne pense pas utiliser ce site comme source.



Un exemple, dans Bernard et Bianca qui semble authentique (Disney aurait rappelé 3,4 millions de VHS contenant ces images...) :


Il faut regarder dans la fenêtre derrière les souris.

Bonne journée !










jeudi 7 février 2008

"Cahier de projet, version imprégnation"

Sous ce titre bien vague se chache un truc très simple: mon plan de rédaction tel que je le vois pour l'instant, à la lumière de la seule et unique lecture que j'ai faite... donc sans doute un peu imprécis pour l'instant, mais je ne peux pas vraiment faire plus. J'ai réussi, finalement. Mais je continue de penser que ça ne vaut pas 30%.


Cahier de projet: version imprégnation


Un regard global sur le cinéma d'animation (quel pléonasme !) par rapport au cinéma "traditionnel", mais aussi pour ce qu'il est lui-même.


Matrice

Sujet: Le cinéma d'animation: étude

1. Introduction:

1.1 Citation sur les études (Cinéma 57, n°14, 1957) La citation occupe la première page
1.2 Place du cinéma d'animation
1.3 Raison et but de l'étude

2. Définition:

2.1 Différencier les procédés, montrer ce qu'ils ont en commun:
- Le dessin
- La modélisation
- La pâte à modeler
- Autres: aiguilles, etc.

3. Histoire:

3.1 Petite histoire du cinéma d'animation et son influence sur le paysage d'aujourd'hui :

- Pionniers (texte)
- Ligne du temps
(texte)
- Dates Clés
(Graphique, tableau)

(Références possibles: Mickey Mouse, Felix le chat, Tron, Toy Story)

4. Le cinéma d'animation canadien:

41. Caractéristiques esthétiques, scénaristiques, techniques
(Par exemple: Norman McLaren)
4.2 Sa contribution à l'histoire mondiale (ONF, etc)

5. Le cinéma d'animation européen:

5.1 Caractéristiques esthétiques, scénaristiques, techniques
5.2 Contribution à l'histoire mondiale (Studios majeurs)

(Références possibles: La prophétie des grenouilles, Persepolis, Wallace & Gromit)

6. Le cinéma d'animation asiatique (japonais):

6.1 Caractéristiques esthétiques, scénaristiques, techniques
6.2 Studios Ghibli (entre autres)
6.3 Contribution à l'histoire mondiale

(Références possibles: Hayao Miyazaki --> Le voyage de Chihiro)


7. Le cinéma d'animation américain:

7.1 Caractéristiques esthétiques, scénaristiques, techniques
7.2 Studios Disney, Pixar, Dreamworks, indépendants (Pour ou contre Disney ?)
7.3 Contribution à l'histoire mondiale

(Références possibles: Le livre de la jungle, Toy Story, Shrek)


8. Conclusion


8.1 Avenir du cinéma d'animation, progrès techniques, films à venir, etc.

mardi 5 février 2008

Larguée...



Suis-je la seule à être complètement paumée pour ce qu'on doit remettre jeudi ?!

J'ai bien un petit plan de projet, certaines choses que je tiens à inclure, un certain concept, un certain but, mais est-ce suffisant à rendre pour un travail sensé valoir 30 % ? TRENTE POURCENT !!! Je préfère la philosophie selon laquelle le résultat final importe plus que les moyens pour y arriver...



samedi 2 février 2008

Liste

Voici une liste assez grossière des films (de toutes les époques et de tous les pays) auxquels il sera intéressant de faire référence dans mon étude. Les titres suivis d'un astérisque montrent ceux que je prévilégie pour un visionnement... Je devrai l'épurer un peu puisque qu'ils sont actuellement au nombre hallucinant de... 23 ! (Je me transforme sur-le-champ en Jim Carrey et je deviens psycho... comprenne qui voudra :P Breffffffff)
Je mettrai donc de l'ordre dans cette liste au cours de mes recherches :)


  • A wild Hare
    Akira
    Assassinat d'un oeuf
    Aventures fantastiques
    Blanche neige et les sept nains *
    Blinkity Blank
    Caprice en couleurs
    Chicken Run
    Closed Mondays
    Demonlover
    En harmonie avec la montagne et l'eau
    Fantasia *
    Fantasmagorie *
    Fritz the cat
    Gertie le dinosaure
    Ghost in the Shell
    Jason et les argonautes
    Kimba, le lion blanc *
    Kirikou et la sorcière *
    Koko le clown
    L'homme qui plantait des arbres *
    L'âge de glace
    L'étrange Noël de monsieur Jack *
    La demoiselle et le violoncelliste
    La faim
    La Main
    La prophétie des grenouilles *
    La Rue
    La traversée de l'Atlantique à la rame
    Le bergère et le ramoneur *
    Le bossu de Notre-Dame
    Le Château des singes
    Le conte des contes *
    Le Criminel *
    Le Fleuve aux grandes eaux
    Le lion qui craignait la souris
    Le livre de la jungle *
    Le mariage du hibou
    Le Naufrage du Lusitania
    Le paysagiste
    Le Roi et l'oiseau
    Le Roi Lion
    Le serpent blanc *
    Le tombeau des lucioles
    Le vieil homme et la mer *
    Les aventures du prince Ahmed
    Les possibilités du dialogue
    Les têtards à la recherche de leur maman
    Les triplettes de Belleville
    Les trois petits cochons
    Les voyages de Gulliver
    Mes voisins les Yamada
    Mon voisin Totoro
    Mosaïque *
    Out of the Inkwell *
    Perfect Blue
    Persepolis
    Pompoko
    Porco Rosso
    Princesse Mononoké
    Robinson et compagnie
    Rythmetic
    Shrek
    Steamboat Willie *
    Sur terre, en mer et dans les airs
    Toy Story
    Tron *
    Une nuit sur le mont chauve *
    Wallace et Gromit, le mystère du lapin garou *
    Yellow Submarine

jeudi 31 janvier 2008

Échéancier




Je n'ai pas l'habitude de faire un échéancier lorsque je travaille seule, mais comme il s'agit d'un travaile auquel je tiens et que janvier se termine sans que j'aie significativement avancé... Pourquoi pas. Je me contenterai de séparer mon cheminement en deux parties. Je commencerai à rédiger durant la semaine de lecture. La partie planification et recherche se fera donc d'ici la seconde semaine de mars, ça me semble faisable. J'avoue que je suis plus efficace lorsque je travaille à la dernière minute... Je verrai bien.

samedi 26 janvier 2008

Pourquoi une étude ?

Pourquoi une étude ? Tout d'abord, pour revenir à ce que je fais de mieux académiquement : l'écriture. Alors pourquoi une étude plutôt qu'un scénario ? Simplement parce que pour moi le scénario ne permet pas vraiment de laisser aller mon style, d'utiliser mes mots du dimanche. Mon originalité ne se situe pas vraiment dans les histoires que j'invente, plutôt dans la façon dont je les raconte. Et dans un scénario, bah... c'est pas en écrivant "Extérieur jour" cent fois que je vais me laisser aller. Michèle Audet va être d'accord, en scénario je suis toute pourrite :P
Ensuite, le côté recherche et découverte qu'une étude implique m'allume beaucoup. Voir des films, lire, apprendre, c'est tout ce que j'aime ! En plus le fait de travailler en solitaire me motive beaucoup plus que les horaires chargés des tournages...
Voilà, j'espère que c'est convaincant ^^
  • Ptite note comme ça: je vais prochainement recevoir d'Europe un livre sur l'animation que j'avais remarqué pendant mes vacances de Noël, une gracieuseté de mon dévoué n'amoureux, encore :)
  • À venir aussi, une liste de films d'animation qui me serviront de référence, parmi lesquels je choisirai ceux que je verrai en entier (je veux bien les voir tous, mais bon ça risque de faire beaucoup)

vendredi 25 janvier 2008

Pourquoi l'animation ?



Pourquoi l'animation ? Eh bien, l'idée n'est de moi qu'à moitié, puisqu'elle m'est venue grâce à mon cher et tendre, gigantesque (au moins 68 kilos :P) amateur de cinéma de tout genre (quelle chance j'ai!), je ne saurais vous dire exactement comment, mais a résulté de notre discussion une réflexion intéressante sur la valeur et les intentions des films de Disney. C'est vrai, tout le monde a déjà vu Pocahontas, le livre de la jungle, Mulan, mais qui s'est déjà franchement demandé si le caractère exotique de ces histoires n'était pas noyé dans ce qu'on appelle, universellement, "la sauce américaine" ? C'est vrai, pour entrevoir une culture, autant regarder des films africains, asiatiques, européens ! De là est venue l'idée d'aller voir ce qui se fait ailleurs, toujours en animation. Ou encore, qui s'est demandé si l'on n'avait pas détourné, pour ne pas dire massacré, le sens des oeuvres de Perrault, Lewis Carroll, Grimm ou Swift ? Bref, ce sont principalement ces questions qui ont confirmé mon choix de me pencher sur ce sujet finalement très vaste, en tout cas suffisamment pour en faire une étude complète en 30, 40 pages.
Merci chéri !

"Le cinéma d'animation", Édition des Cahiers du Cinéma

À la fnac de Metz cet hiver j'ai eu la chance de tomber sur ce sympathique petit livre tout juste avant de quitter la France. Il s'agit de "Le cinéma d'animation", par Bernard Génin, 95 pages, aux éditions des Cahiers du Cinéma, petite lecture ma foi assez intéressante et introduction parfaite à l'univers du ciné d'animation. Divisé en six chapitres (Historique, le volume animé, Walt Disney, l'image de synthèse, le court-métrage d'auteur, Documents, textes et témoignages), il couvre assez de sujets, donne pas mal de références et de citations inspirantes. Il me donne entre autres l'idée de couvrir l'art canadien, américain, européen et japonais, d'établir leurs différences et leurs caractéristiques... Bref, un excellent point de départ !!!
Petite trouvaille qui pourra me servir de première page:

" Il n'est pas de sujet qui n'ait fait l'objet d'études innombrables, dit le
poète. En vérité, je vous l'affirme, si vraiment il n'en reste qu'un, ce
sera celui-là: le cinéma d'animation inconnu et universel, riche et infini,
pour lequel, chaque année, des hommes d'art et de courage dépensent des sommes immenses d'invention, de générosité et de talent, sans rapport avec le zèle couramment pratiqué dans le monde des stars par leurs confrères de la prise de vue directe."


- Cinéma 57, n°14, 1957

Présentation



Bonjour les gens


J'ai envie ici de vous partager tout le processus d'élaboration de mon projet-synthèse qui portera, vous le devinez bien, sur le cinéma d'animation. Le but de l'étude et son contenu sont pour l'instant un peu flous, mais j'espère pouvoir (devoir) aller plus loin que les traditionnels contes de Disney. Toute suggestion et tout commentaire sera grandement apprécié...


Voilà, voilà